Nous le savons, le retour en France après une période d’expatriation n’est pas simple. Il est peut-être vécu avec une certaine angoisse ou interrogation : démarches administrative, vie sociale, adaptation, nouveau rythme, ambiance… Pour celles et ceux qui souhaitent reprendre le chemin d’une vie professionnelle, préparer son retour est essentiel pour l’appréhender avec sérénité. Votre parcours est sûrement rythmé par les ruptures, les réorientations et les déménagements ?  Osez cultiver votre différence et valorisez  votre expérience. Faites de votre parcours atypique un atout ! Isabelle a préparé cette année son retour d’expatriation avec VIAPro depuis Istanbul. Elle revient sur son parcours et comment elle aborde cette période charnière.


Bonjour Isabelle, peux-tu te présenter rapidement et nous dire où tu en es ?
Je suis française, j’ai 48 ans. Mon mari est franco-irlandais et nous avons 2 filles de 13 et 17 ans. Nous rentrons cet été à Paris après 10 années passées en grande partie en expatriation pour BNP Paribas.  Nous avons découvert San Francisco, Bordeaux, et enfin Istanbul depuis 5 ans. Aujourd’hui c’est le grand retour en France !

Pas trop difficile de partir ?
Oui bien sûr, c’est difficile de quitter Istanbul, ces lieux de vie, ce rythme, et surtout ces belles rencontres réalisées. Mais j’ai aussi 2 adolescentes qui aujourd’hui, ont envie de rentrer et de retrouver leurs racines. Donc je suis à la fois contente de rentrer mais aussi déçue de partir, c’est assez étrange comme sentiment.

VIAPro m’a apporté sur un plateau, des formations essentielles pour repartir en France sereinement

Pour préparer ton retour en France, tu as participé aux ateliers  » Retour d’Expat  » développés par VIA Pro. Qu’est-ce  que cela t’a apporté ?
Avant tout merci VIAPro ! J’ai participé à des ateliers qui m’ont aidé à bien préparer mon retour. Entre autre la formation coaching animée par Marie  » Valoriser son expatriation, les bons mots pour en parler « ,  l’atelier pour faire le point sur mon parcours et le valoriser sur mon CV, avec Mounia  et enfin la session avec Thibault sur ma visibilité en ligne (Linkedin). Grâce à ces formations j’ai pu valoriser mon expérience en expatriation, travailler mon dossier et argumentaire, échanger et anticiper mon retour ! Quel temps gagné ! Prête à passer des entretiens en France…
VIAPro m’a apporté sur un plateau, des formations essentielles pour repartir en France sereinement.  Mon dossier est prêt, je suis préparée. Je crois aux rencontres et suis persuadée que de nouvelles portes vont s’ouvrir.

Peux tu nous raconter ce que tu as fait pendant ces 5 années à Istanbul?
Istanbul n’était pas ma 1ère expatriation, j’avais déjà l’habitude de sortir de ma zone de confort. Istanbul m’a tout de suite plu, son histoire, sa culture, ses gens. Une fois la logistique et les écoles réglées, j’ai tout suite voulu rencontrer des gens et m’investir dans un projet qui faisait sens pour moi. Je me suis inscrite à Istanbul Accueil, association très importante pour une intégration rapide, et très vite j’ai participé à son organisation : coordination des quartiers, événementiel,  réunions du bureau, puis à différentes actions à but caritatif. Je me suis également investie au sein de l’association des parents d’élèves de l’école de mes filles; ceci m’a permis de faire de très belles rencontres de toutes nationalités.
Par ces biais, j’ai eu la chance de rencontrer  les petites sœurs de Bomonti. Ce fut un vrai plaisir de partager leur quotidien, les aider, rechercher des bénévoles ou des donateurs pour le bien-être des personnes âgées. Malgré les obstacles, elles sont toujours positives et apportent beaucoup de réconfort à leurs pensionnaire. Elles ont une très belle vision de la fin de vie, toujours positives…Quelle leçon et quelle motivation pour moi . C’est une cause qui m’a beaucoup touchée.
Parallèlement j’ai travaillé pour l’école Don Bosco, une école qui accueille des réfugiés irakiens. Cette école existe depuis une vingtaine d’années. J’ai tout de suite souhaité m’investir pour les aider, les faire connaître auprès d’autres écoles, comme l’école Saint Benoit qui a donné des tables, des chaises et aussi des uniformes, ou  auprès du commissariat aux réfugiés pour bénéficier d’aides financières supplémentaires. J’ai participé et animé des événements, organisé la collecte de fournitures scolaires, et ai pris en main la collecte et distribution de boites de Noël pour enfants défavorisés (depuis 2 ans). Cette dernière activité m’a beaucoup plu, on a envie de donner, de partager, de faire participer nos enfants. Le bénéfice est pour tout le monde, pour ceux qui donnent et ceux qui reçoivent. Cela fait 2 ans que je mène ce projet, on a fortement élargi le nombre de donateurs. Très belle expérience.

Comment envisages-tu la suite ?
Comme vous voyez, j’ai mené plusieurs activités en tant que bénévole sur Istanbul. Rentrer en France en étant ‘Femme d’expat’ ne renvoie pas une image très positive ! Les femmes qui quittent aujourd’hui leur travail pour ‘suivre leur mari’ à l’étranger, ont besoin de s’accomplir et de se retrouver dans cette expatriation.
Finalement, après avoir suivi ces formations proposée par ViaPro, je me suis rendue compte que j’avais fait plein de choses sur Istanbul. J’ai pu structurer et organiser mon expérience. Je n’ai pas un parcours  linéaire  mais je pense qu’un CV atypique est aussi intéressant. Je sais maintenant ce que j’ai fait, je sais ce que je veux, et surtout ce que je ne veux plus.
Quand on part à l’étranger, on se dit que c’est une parenthèse…. qui ne dure qu’un temps. Bien préparé mon retour me permet d’envisager l’avenir avec plus de sérénité. Ce que j’ai fait sur Istanbul me servira et m’encourage à continuer dans cette voie là. Je vais certainement organiser mes recherches dans l’action sociale, du côté des ONG. Je veux travailler pour une cause, et avoir quelque chose qui m’anime tous les matins.
Le bilan de ces 5 années est très positif, j’ai été nourri par le dynamisme de cette ville. Grâce à des rencontres étonnantes, beaucoup de portes se sont ouvertes et beaucoup d’obstacles sont tombés. Ma vision du monde a changé !

Interview par Gwenola Cornen